Ή γραία ώς προδότις εις δημώδεις νεοελληνικός παραδόσεις-

Part of : Επετηρίς του Λαογραφικού Αρχείου ; Vol.17, 1964, pages 3-10

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3-10
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La vieille femme comme traîtresse dans les légendes populaires grecques
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Dans maints districts du territoire hellénique tout particulièrement dans les îles et dans certaines régions de Thrace, de Roumélie, de Thessalie etc. on trouve des légendes dans lesquelles une vieille femme du pays joue le rôle de traîtresse pendant le siège des fortifications. Elle désigne à l'assiégeant d'un chateau fort le point faible de la fortification, ce qui permet à l'ennemi de s'en emparer facilement etc. Dans une légende que l'auteur a enregistrée en i960, à Ano Lefkara (Chypre), il est dit qu'une source nommée Aghia Marina approvisionnait en eau le château-fort, situé à deux heures de distance du village. L'eau y parvenait par des canalisatious. Lorsque les Vénitiens assiégèrent ce château-fort, qui était défendu par la Reine (Ρήγαινα) et dont ils ne parvenaient pas à s'emparer, ils décidèrent de détruire le système d'adduction d'eau, afin de contraindre les assiégés à se rendre. Une vieille femme, arrêtée par les assiégeants, fut forcée de leur désigner remplacement des tuyaux. Les défenseurs privés d'eau durent sortir du fort, et c'est ainsi que l'ennemi parvint à s'en emparer. Il existe dans l'île de Kéa des légendes analogues, relatives au château- fort de Pyrgos à Aghia Marina, et à celui qui est situé au lieu-dit Spolès (où se trouvent les ruines de l'antique Karthaia). Ces forts furent occupés par l'ennemi à la suite d'indications fournies par une vieille sur le système d'approvisionnement en eau. En détruisant la canalisation l'ennemi força les défenseurs à se rendre. Une autre légende populaire de Galanades (à l'île Naxos) rapporte que les Turcs, après avoir débarqué à Naxos se mirent à la recherche des habitants qui se cachaient après avoir abandonné leur village. Tandis qu'un berger qu'ils avaient arrêté refusait de leur dévoiler l'emplacement de la cachette, une vieille femme, à laquelle ils avaient promis la vie sauve, les conduisit jusqu1 à la grotte où les villageois s'étaient réfugiés. Dans l'île d'Amorgos il existe deux emplacements, l'un nommé «MarcouH», l'autre «Précipice de la vieille femme». Ils sont liés tous deux à la légende suivante. Des pirates partis à la recherche du héros Marcoulis, caché dans la grotte de même nom, parvinrent à découvrir sa retraite grâce aux indications d'une vieille femme, que par la suite ils la précipitèrent dans la mer du haut de la dite grotte- A Cythère (Cérigo) il est également question d'une femme qui, arrêtée par les assiégeants devant le fort de St Démétrius, fut contrainte par eux de leur livrer les clefs de la ville. Des réfugiés de Sténimachos, en Roumélie Orientale, connaissent une légende selon laquelle une saillie rocheuse, dénommée Koutra et située au sommet du mont Rhodope. représente une femme pétrifiée. Au moment où les Turcs assiégeaient la ville, une femme se trouvant au haut de la montagne indiqua à l'ennemi un passage par où celui-ci parvint à se faufiler et à occuper la forteresse. Le roi trahi maudit la traîtresse qui fut changée en pierre. Ce thème de la vieille traîtresse se trouve encore dans des légendes de Thessalic Occidentale et d' Epire du Nord. La vieille femme, considérée comme conseillère et complice pour la réussite d'un projet constitue, comme on le sait, un thème commun dans la tradition populaire et eu particulier dans les contes, non seulement dans ceux du peuple grec mais aussi dans ceux d'autres peuples. Déjà dans l'antiquité la vieille femme apparaîc comme le personage principal dans les activités magiques. Dans les contes même elle assiste, comme aide ou conseillère, à l'exécution d'opérations difficiles. Elle apparaît de même dans les légendes populaires, comme dans le cycle de la vieille bergère pétrifiée par le froid du mois de mars en punition de son dédain envers ce mois. Le conte de la vieille bergère pétrifiée avec ses moutons ou ses fromages appartient à une légende déjà très ancienne. Sa diffusion ainsi qu'un grand nombre de toponymies comme celles du «Cadavre de la Vieille», du «Saut de la Vieille», du «Tombeau de la Vieille» et d'autres semblables le prouvent. On a même soutenu que dans ces cas le nom de Γραία (vieille) provident du mot antique Γραία (terre). On doit distinguer ces dernières légendes de celles connues à Chypre, Naxos, Amorgos et en Roumélie Orientale, qui traitent de l'assistance donnée par une vieille femme durant l'assaut d'une place forte, légendes qui appartiennent à un cycle spécial. La plus ancienne variante appartenant à ce cycle est celle citée par Jean Tzetzès ( i 2 è m e siècle) dans ses Commentaires sur P«Alexandra» de Lycophron, vers 826. Il est dit dans ce poème et ces commentaires qu' Aphrodite tournée en dérision par les Dieux de l'Olympe à cause de son adultère avec Ares, s'irrita et se cacha à Chypre. L'ayant recherchée en vain, les Dieux finirent par la retrouver grâce aux indications d'une vieille femme qu'Aphrodite furieuse métamorphosa en pierre. Tzetzès rapporte également qu'eune stèle s'élève encore de nos jours sur cet emplacement». Il existe aussi à Chypre une autre légende antique ayant pour theme la pétrification d'une fille par Aphrodite. Cette fille nommée Anaxarète ayant méprisé un amoureux du nom d'Iphis, même après qu'il se fût suicide par amour pour elle, fut pétrifié par la Déesse. Parmi ces mythes Chypriotes, celui de la traîtresse pétrifiée doit être considéré comme étant le plus ancien. Comme dans le mythe antique, parmi les légendes populaires néohelléniques, seule la légende de Sténimachos fait allusion à la petrification de la traîtresse, survenue à la suite d'une malédiction. L' auteur estime que ces légendes doivent constituer une survivance populaire du mythe antique de la vieille traîtrese changée en pierre par Aphrodite. Cette dernière forme devait également être populaire dans l'antiquité. Le mythe de la vieille traîtresse en général, croit l'auteur, devait être alors aussi répandu, et appartenait peut-être à un cycle de légendes relatives à la piraterie et au pillage, exercés systématiquement comme moyen d'approvisionnement à une époque reculée, par les Grecs et par les Barbares; le fait est attesté explicitement dans l'Odyssée VIII, 158-164, et plus tard dans Thucydide (I 5, 7, 8).
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